Je viens de me réveiller dans la chambre d'un hôtel du vieux Montréal sur la Place d'Armes. On est en octobre, l'automne est là, les feuilles roussissent. Je sens, par la fenêtre entre'ouverte, une bouffée d'odeur de feuilles mortes.
Je me lève d'un bond, je cherche un miroir, je me regarde comme si j'avais du mal à me reconnaître. Je me lave et m'habille d'habits de notre temps. J'ouvre une mallette posée sur la table et je souris en voyant les lingots d'or et la boite à poudre.
J'avale une pincée et consulte un plan de Montréal. Je me rends à l'adresse indiquée sur la mallette et ressort avec les liasses de monnaie.
Je flâne un peu sur les quais du vieux Montréal et passe devant le Musée
Marguerite-Bourgeoys.
J'évalue assez vite la situation et je retourne dans ma chambre et me couche. Le soir, je vais souper au Bistro des terrasses Bonsecours avec des amis qui ont l'air de me connaître dans la vie courante.
Je rencontre là une jeune femme, à qui j'adresse la phrase convenue : "vous avez quelque chose à me dire?". Si c'est elle, elle doit me répondre spontanément : "Je crois".
Elle s'appelle Laurence et elle dit effectivement "je crois". Nous avons convenu d'un scénario de rencontre, une simulation de première rencontre.